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Lettre 1378·XXII, folios : 76 77
Urre, Rostaing d', seigneur d’Ourches
M. de Gordes
Lettre non liée
Date non renseignée
Montélimar
Valence
,

Transcription

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Monsieur, jay receu la votre du jourt dhyer, veu la coppie de la lestre que sa majesté vous ha escripte, pareillement celles de
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messieurs d’Evènes et Chastellart, lesquelles je vous remercye grandement, resiouy que je suis des bonnes nouvelles que
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le sieur de Mauvissières ha rappourtées et de ce que les malhereuses menées des ennemys du repous de ce royaulme soyent
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descouvertes sans reussir celon leurs perfide intention, lesquelles toutz princes, seigneurs et gentislhommes doyvent
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tant plus abbhorées, estant telz artifices si detestables que toutz ceux qui ont la crainte de Dieu lont en grandissime
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horreur. Je masseure que les princes d’Allemaigne et aultres estrangiers leurs veullent pour le jourdhuy aultant de
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mal pour les veoyr persister en leurs obstinations, comme ilz se devroyent repantyr davoyr estés si promptz pour
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le passé à les secouryr ; car la persuasion que telz desesperés font au peuple de seslever touche generallement à
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toute la noblesse. Ceux de Saverne que le duc de Lorrayne deffit peuvent servir dexemple à ceul qui voudroyent
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reprendre ces mauvaises toisées. Et si tant estoit quil y en eust encores dulcerés qui fussent compousées dune si
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pernitieuse vollonté, ilz cen devroyent despartyr pour jamays, ayant desia estées deschargées des tailles extraordinaires
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estant aussi sadicte majesté à mesmes par bonnes reformations, à les [mot barré] soulaiger des insupourtables despences
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quilz ressoyvent par les gens de guerre estant ce me semble le vray moyen dassoupir toutes ces malhereuses guerres
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civilles ; et que le peuple, à mon advis, ce despartira de toutz complotz sinistres pour randre lhobeyssance naturelle
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quilz doivent à sadite majesté. Et en cas de refus, que Dieu ne veuille, elle, par son espargne, ce trouvera en moyens de les
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ranger avec la fource, ce que je me prometz quil fera aysement en Languedoc et ce païs, si les aultres provinces
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sont paisibles et que sa dite majesté viennent à Lyon pourveu de lequiipaige que [barré leurs] sa presance requiert. Je nay seu comprandre
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ce que le dit sieur de Chastellart vous touche des languaiges que le roy luy tint de vous, lesquelz ilz fit entendre à la
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royne sa mère, dont il vous en donnast advis par un forrier ou aultre de la maison de monsieur le mareschal
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de Damville, ce doubtant que sur ce faict du conte de Gayas, estant le subiect sur la venue des Suisses en votre
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gouvernement. Il est bien vray que par la votre du XIXe du passé, me donniés advis comme le sieur d’Hautefort,
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ambassadeurs pour sa majesté en Suisse, vous avoit escrit une lettre de laquelle vous aviés envoyé coppie à sa dite
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majesté, affin quelle cogneut loccasion quelle pourroyt avoyr de ce doulloyr du traictement que les Suisses ont
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receu en votre dit gouvernement, bien que je ne vous repliquasse rien à la votre du XIXe, je nen estoys pour cela
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moins en peyne. Il me semble que ce seroit bien chercher une querelle d’Allemant quy auroit [barré : quequn] quelque chouse de
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commun à la venue du seigneur en ce pays pour la pacification diceluy [barré : si] car au lieu de vous remercier et sauvoyr
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bon gré du gratieux et doulx traictement que lesditz Suisses receurent par votre moyen en ce pays lon adheroyt
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[76 v°] aux impoustures et fauces callomniations de certains qui vous sont mal affectionées, dont jaccuse le
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principal autheur celuy qui est si longuement oppiniastre à la court pour estre employé à la negotiation
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de la paix de ce païs, et possible que monsieur le chancellyer qui faict profession damityé avec luy ce
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trouveroyent de la caballe [mots barrés] saysi ledit seigneur ambassadeur nayant seu marié sa fille par le moyen de
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la lieutenance de sa compagnye vouldroyent quelle luy [barré : present] profita quelque plus grant chouse sentent
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que ce fut la principalle ouverture de parvenyr à son entreprise [barré : avec] en donnant sa lieutenance au sieur
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de Mombrun, et que par ce moyen, ilz demourdroyent de la meffiance en laquelle, sans occasion, ilz ce
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sont layssés saisir et que toutes chouses pacifieroyent en ce dit païs dont sa magesté sus ceste
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nouvelle occasion auroit possible promys audit seigneur sil en estoit le ministre, quil le reintegreroit
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à sa charge pretendue, dont le sieur Fernillier, que je nay point veu, auroit desgrossy les affères ;
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mais que cecy ce rappourte aulcunement au discours quil vous fit quen playne table au grison le sieur
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Repara avoyt [barré : il semble] tenu quelques propos que monsieur de Maugiron venoit commander en ce païs,
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lequel nen parlat jamays, mays ledit Fermillyer pansoyt par là tirer quelque chouse pour
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favoriser son entreprise. Je neus jamays tant de regret à chouse de ce monde que ledit Fermillyer ne
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fut arresté en quelque lieu revenant devers le sieur de Mombrun, affin quon heu veu ce quil portoit.
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Monsieur d’Evènes ce souviendrat bien de ce que je luy en dis plusieurs foys. Je massesure quilz metront
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au devant audit sieur de Mombrun comme ce luy sera grant honneur destre lieutenant du gouvernement de
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sa province, veu les grantz retranchementz [barré : qu] et casseryes quil ce faict sur la gendarmerye, quoy que cest,
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ni quoy quadvienne. Je marreste à ce que ledit sieur de Chastellart vous escrit que toutz les grandz et
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petitz lèvent voz actions, aussi que ne vous donnés pas grant peyne ny peur du contrayre. Je nay point
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receu la lettre que monsieur d’Evènes dit mavoyr escrit du XVIIIe du passé. Jay veu la responce du sieur de
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Monbrun, aussi impertinente que les siennes aultres precedantes. Je salue voz bonnes graces par mes
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très humbles recommandations, priant Notre Seigneur vous donner,
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monsieur, en très bonne sancté longue et hereuse vye. Au Montelimar, ce premier febvrier
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Le sieur du Pègue estoit venu icy en desliberation de vous aller faire certaynes plainctes de ceus de Toulignan qui le mena(ssent)
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de le faire demetre de sa charge. Despuis, il cest advisé de sen retourner, mays me
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prye de le vous faire savoyr. Il vous escrit une lettre que je vous envoye.
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Vostre très humble filz et à jamays très
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hobeissant serviteur
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hourche
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[77] je masseure que dans le paquet de Crillon, il y avoit des lettres de monsieur de Laval. Dieu soit loué quyl [barré : (que) ledit sieur]
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soit en bonne sancté. Il vous plairra vous ressouvenyr de ce gentilhomme qui passat vers le sieur de Toyauls,
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allant devers ledit sieur de Mombrun de la part de monsieur le chancellyer qui luy avoit deffendu de ce bien
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guarder que vous neussiés cognoyssance de son voyage. Je masseure que messieurs d’Evènes et Chastellart en
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descouvryront bien toust quelque chouse. Je vouldroys que cet habille negociateur [barré : eust] ce hastasse de
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venyr pour lestablissement de la paix, car les ennemys vollent journellement et tuent des charretiers auprès
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de La Berre.